« Mexique, les indésirables »

FranceO
Ce documentaire est passé hier soir à 20h50 sur la chaîne France Ô.

 

La première partie de l’émission « Investigatiôn » était dédié à La Bestia – comme le nomment les latino-américains – ou plus communément appelé le  « Train de la Mort ». Il s’agit tout simplement des immigrés qui souhaitent se rendre clandestinement aux Etats-Unis par les voies ferroviaires. Le but de ce périple est de suivre le célèbre « American Dream » afin de subvenir à leurs besoins, parce que ces pays sont très pauvres et beaucoup de familles n’arrivent pas à s’en sortir financièrement.

On apprend alors que les immigrés sont principalement les honduriens, les salvadoriens, les guatémaltèques et les nicaraguayens.

Leur calvaire débute lorsqu’ils disent au revoir à leur famille, dans l’espoir de leur offrir une vie meilleure. La traversée du Mexique est vécue comme un véritable enfer pour les clandestins qui se déplacent dans l’inégalité totale. En effet, on apprend alors que le Mexique est officieusement devenu « le garde barrière des Etats-Unis », plutôt que de venir en aide aux autres pays d’Amérique Centrale qu’il considère comme ses « frères ».

bestia

Les clandestins montent alors sur plusieurs trains – ils en changent en cours de route – qui les mèneront à destination. Ces trains sont appelés les « Trains de la Mort » parce que régulièrement  des clandestins en tombent et passent sous leurs roues. Ceci est dû à une fatigue constante – parce qu’ils ne peuvent jamais se reposer pendant ce voyage qui peut durer jusqu’à plusieurs mois – au manque d’eau et de nourriture, ainsi qu’au temps, que ce soit le soleil ou la pluie, et la peur d’être arrêté par les autorités de l’immigration.
Le plus souvent, ils se positionnent sur le haut du train, et doivent donc constamment se tenir pour ne pas tomber avec la vitesse: le repos est impossible. - Voir photo ci dessus -
Ils doivent aussi faire face aux pilleurs qui montent sur les trains dans le but des les voler, les menaçant avec des armes. On apprend également que beaucoup de femmes se sont déshabillées et violer par eux.

croix rouge refuge
Fort heureusement, divers refuges dans des villes clés, comme au Chiapas, les accueillent pendant un maximum de trois jours au cours de leur voyage, après lesquels ils doivent céder leur place à d’autres personnes. Là bas, on leur offre des vêtements, on répare leurs chaussures, et on leur donne de quoi manger et dormir.

 

De plus, ils bénéficient de l’aide de plusieurs habitants qui se mettent le long des voies, tendant des bouteilles d’eau et des sacs contenant de la nourriture, que les immigrés attrapent pendant que le train est en marche.


Quelques citations clés du reporter, des directeurs de refuges et des immigrés:

  • « Beaucoup n’ont pas la chance de survivre pour raconter leur histoire. »
  • « Ce train a pris beaucoup de vies, mais on continue de le faire pour donner une vie meilleure à nos familles. »
  • « Le rêve américain vous pousse jusqu’à perdre la vie […]. Le rêve américain se mérite et Dieu seul peut nous aider.»
  • « Les autorités abusent d’eux. » : en effet, les autorités profitent de leur illégalité au sein du territoire mexicain pour prendre leur argent et faire ce qu’ils veulent d’eux, sous peine de les dénoncer et les renvoyer dans leur pays.

 

La seconde partie de l’émission s’intitule: « La Bataille Des Invisibles  »

Il a pour thème le travail des immigrés aux Etats-Unis, une fois qu’ils ont réussi à passer la frontière américaine.

On apprend que depuis peu, qu’il y a des affrontements entre les travailleurs et les sociétés de nettoyage de supermarchés. Ce sont les emplois les plus faciles à avoir pour les sans papiers.
Cependant, les employeurs savent que les travailleurs sont dans l’illégalité et en profitent pour les sous-payer: on vit un véritable retour à l’esclavagisme. Les employés latinos travaillent tous les jours sans avoir de pauses ni de congés - hormis le 25 décembre «parce que le magasin est fermé » - et ne sont payés que 2,45$ au lieu des 6,75$ en vigueur.

Les employés se laissent exploités parce qu’ils pensent qu’ils n’ont aucun droit sur le sol américain. Par conséquent, les patrons abusent d’eux et les exploitent, afin d’augmenter leur bénéfice et réduire leurs frais.

Or depuis quelques années, ce phénomène change. En effet, plusieurs associations se sont créées et dénoncent ces exploitations. Leur mode de fonctionnement est le suivant: elles se rendent la nuit, sur les lieux de travail des employés sans papiers et leurs posent une multitude de questions sur leurs conditions de travail. Lorsqu’ils ont récoltés un nombre de témoignages suffisant, ils dénoncent les abus des patrons en les traînent en justice parce que oui: les sans papiers ont des droits, et les employeurs se retrouvent à leur tour dans l’illégalité. Une grande surface a récemment été obligée de verser 22 millions de dollars aux employés latinos pour non respect de la loi américaine.

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Une fois que la population latine s’est rendue compte de ses droits du travail, la première grève à eu lieu à Los Angeles: pendant 4 semaines, la ville a été bloquée par les agents de nettoyage syndiqués qui dénonçaient leur exploitation par les société de nettoyage.
- Photo ci-contre-

 

Aujourd’hui, ils se font de plus de plus entendre sur le territoire américain, et défendent leurs droits, même si ce n’est pas tous les jours évident compte tenu de leurs conditions de séjour.

Ces deux reportages sont disponible en replay sur le site de la chaîne, via ce lien.

Manon


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